On pense tous qu'on se souviendra des premières années de nos enfants. Et pourtant, on oublie déjà.
L'autre jour, une amie m'a demandé quel avait été le premier mot de mon fils.
J'ai répondu sans hésiter.
Puis elle m'a demandé : « Et la première phrase qui vous a vraiment fait rire ? »
Là, plus rien.
Je savais qu'il y en avait eu des dizaines. Je me souvenais de l'émotion, mais plus des mots. Impossible de retrouver la phrase exacte.
C'est étrange quand on y pense. On est capables de raconter en détail notre premier jour de travail ou nos dernières vacances, mais certaines des plus jolies phrases de nos enfants disparaissent sans qu'on s'en rende compte.
Pas parce qu'elles étaient moins importantes. Simplement parce que le quotidien est rempli de nouveaux souvenirs qui prennent la place des anciens.
C'est souvent comme ça que naît un journal d'enfance. Pas pour écrire un livre. Pas pour être un parent parfait. Juste pour arrêter de laisser filer ces petits moments qu'on pensait inoubliables.
Un journal d'enfance, ce n'est pas un journal intime
Quand on entend « journal », on imagine parfois des pages entières écrites chaque soir.
En réalité, un journal d'enfance ressemble rarement à ça.
Une date.
Une phrase.
Une anecdote.
Un premier dessin reconnaissable.
Une question improbable posée au dîner.
Une victoire dont votre enfant était fier.
Parfois, quelques lignes suffisent pour faire revenir un souvenir entier des années plus tard.
Le plus beau n'est pas la longueur de ce qu'on écrit. C'est de pouvoir le relire.
Pourquoi tenir un journal d'enfance ?
Les photos, on les garde.
Les vidéos aussi.
En revanche, les petites choses du quotidien disparaissent vite.
Comment il disait « crocodile ».
Le nom qu'il avait donné à son doudou.
Sa passion soudaine pour les escargots.
La manière dont il chantait une comptine complètement de travers.
Sur le moment, on rit et on se dit qu'on s'en souviendra toujours.
Quelques années plus tard, il ne reste souvent qu'une impression.
C'est dommage, parce que ce sont justement ces détails qui racontent le mieux une enfance.
Que mettre dans un journal d'enfance ?
Il n'y a pas de règle.
Certains parents notent surtout les grandes étapes.
D'autres préfèrent les phrases qui les ont fait rire.
Vous pouvez par exemple y conserver :
- les premières fois ;
- les mots ou expressions qui reviennent souvent ;
- les anniversaires ;
- les dessins dont vous vous souviendrez longtemps ;
- les petites anecdotes du quotidien ;
- les passions du moment, même si elles ne durent que deux semaines.
L'important n'est pas d'écrire beaucoup.
L'important est d'écrire avant d'oublier.
Journal d'enfance papier ou numérique ?
Là encore, il n'y a pas de bonne réponse.
Un joli carnet peut donner envie d'écrire.
Un téléphone a un autre avantage : il est déjà dans votre poche lorsque votre enfant sort une phrase improbable dans la voiture ou au supermarché.
Le meilleur support est finalement celui que vous utiliserez vraiment.
Parce qu'un journal parfait, commencé puis abandonné, aura toujours moins de valeur qu'un journal rempli de petits souvenirs pris sur le vif.
Quand commencer un journal d'enfance ?
Beaucoup de parents pensent qu'ils auraient dû commencer à la naissance.
Mais un journal d'enfance ne sert pas seulement à raconter les premiers mois.
Les premières années sont pleines de souvenirs qui méritent tout autant d'être conservés.
La première blague.
Le premier meilleur copain.
Le premier spectacle.
La première fois qu'il vous dit : « Tu peux être fier de moi. »
On ne peut pas retrouver les souvenirs qu'on n'a pas écrits.
En revanche, on peut décider de ne plus laisser passer les suivants.


